Chronique de Michel Kemper sur le webzine « Le Thou’Chant » (12/2010) C’est sur le triptyque « ska, rock et reggae » que s’est forgé ce groupe-là, né à Rouen il y a une demi-douzaine d’années, huit musiciens en scène qui, de leur Zikaland à eux, pays idéal, n’hésitent pas à lorgner sur plus loin que leurs frontières (musicales comme politiques), notre société, notre pays. « Des points de suture pour la culture / Des chrysanthèmes pour la bohème / Une armée d’enfants perdus / Aux portes de la rue / Un cran d’arrêt sur nos projets / La pendaison des nos ambitions / C’est le banc des remplaçants / Qu’on réserve à nos enfants. » « Arrêtez ce monde, je veux descendre ! » Tel est le credo de cet album et de ce groupe à l’évidence taillé pour la scène, très chaud, très cuivré. Si les propos peuvent percer, se frayer un passage intelligible lors des concerts, si on peut bouger de tout son corps et faisant siennes de telles critiques sur notre monde, sur la société, alors Zikatatane deviendra Zikacerveau et contribuera lui-aussi à nourrir les hordes des prochaines manifs. Mais j’ai un doute là-dessus. Si cet opus discographique (leur troisième à ce jour, le second étant un live) me semble sans réserve, discernement politique et bonne production d’ensemble, bel équilibre vraiment, il faut voir le résultat in vivo.
En cette période glaciaire, recevoir un album festif est plutôt de bon augure pour nous offrir un peu de chaleur, surtout quand les morceaux sont accrocheurs et en plus avec des paroles bien écrites. Pourtant au premier abord il faut bien avouer que je n’avais pas trop envie de me plonger dans cet album. La présentation, album festif, n’est pas faîte pour que je saute dessus, soyons honnête ! Au final, j’ai écouté cet album avec beaucoup de plaisir et cela pour pas mal de raisons. ”Arrêtez ce monde”, le premier album studio de Zikatatane dégage beaucoup d’humanité, autant dans l’ambiance que dans les textes. Mais c’est aussi à travers la voix que Zikatatane affiche une personnalité attachante avec une voix accrocheuse et au timbre particulier. Pour ce qui est de la richesse de l’album il faut bien sûr citer les textes et les mélodies, mais aussi les sonorités variées dont les influences vont du ska au reggae, en passant par le rock, pour nous livrer 12 titres à l’énergie communicative dont on ne ressent à l’écoute, aucune lassitude. Cet album est donc très agréable à écouter, et il est bien difficile d’en extraire quelques titres. Je citerai donc le touchant, ”Drapeau Blanc”, le très groovy ”Sunshine”, l’excellent ”Gladiateur” emmené par des cuivres puissants et énergiques, et pour finir, ”Paranoïa II” avec ses percussions déchaînées. Il est à noter une surprise à la fin de l’album, où le groupe se laisse aller à une sorte de délire musical, à ne plus savoir sur quel pied danser.
« une belle découverte qui ravira les partisans du jump » « Un bel équilibre entre les textes et une effervescence musical parfaitement contennue »
© 2011 Zikatatane. Tous droits réservés
Retour à l'accueil
Biographie
Concerts
Chronique Rock & FOLK mars 2011 « les petits frères de Sinsemilia »
Videos
Chansons
Actualité
Presse
Photos
Boutique